Mot de l'éditeur : Léonard Maurizius, homme de lettres élégant et frivole, est accusé d'avoir assassiné son épouse. Au terme d'un procès tumultueux, le meurtrier présumé est condamné à la prison à vie par le procureur Andergast. Il croupit en prison depuis plus de dix-huit ans lorsque Etzel Andergast, enfant unique du redoutable procureur, féru de justice et d'absolu, et convaincu de l'innocence de Maurizius, demande à son père de reprendre le dossier «Maurizius». Face à son refus, Etzel part en campagne pour obtenir la révision du procès. Tournant le dos à sa famille et à ses valeurs traditionnalistes, Etzel traque l'homme qui pourrait connaître la vérité et se cache sous une fausse identité à Berlin. Fondé sur une célèbre erreur judiciaire, ce chef-d'œuvre, à la fois lucide et romantique, a la grandeur d'une tragédie grecque. Porté par les implications morales et philosophiques de la crise européenne et allemande du début du siècle dernier, L'Affaire Maurizius témoigne des questions qui hantent l'œuvre de Jakob Wassermann : la quête d'ouverture, souvent refusée, et l'affirmation d'une double identité presque toujours suspecte.
Mot de l'éditeur : Ce récit est sans doute un des plus beaux et des plus forts qui me soit tombé sous la main depuis longtemps. J'en sors à la fois ébloui par la sensibilité exceptionnelle de SZ, ému par son parcours, mais encore plus conscient que tout, tout peut arriver, aujourd'hui comme hier.
Le premier chapitre vaut à lui seul la lecture du livre. Il décrit la vie de Vienne en 1900, mais on pourrait croire y lire une description de notre vie d'aujourd'hui : notre science, notre culture, nos institutions, notre humanisme (si admirable ! ), tout nous confère le droit et l'espoir de vivre en sécurité et en paix. Et encore, notre Cinquième République n'a pas les "mille" ans de l'Empire Austro-Hongrois, et notre pauvre institution européenne encore moins ! "C'était l'âge d'or de la sécurité" écrit SZ au sujet des années 1900. Quelques années plus tard l'Empire, mais aussi l'Europe se suicidait. Aveuglement, tant des responsables politiques que des intellectuels qui, au contraire vivaient une époque de création exceptionnelle et avaient de l'avenir une vue brillante. Ils oubliaient seulement d'ouvrir les yeux sur la montée en puissance de l'Allemagne qui allait en devenir folle.
Le livre commence avec la jeunesse de SZ à Vienne et l'enthousiasme que la situation culturelle viennoise provoquait, en rupture totale avec le 19ème s. Un "art de jeunes gens" dit-il. Il reconnaîtra plus loin qu'il y avait là un signe dont le sens était alors difficile à percevoir, mais qui signifiait plus une fin qu'un début. Il aura été ivre de liberté ; elle était neuve. Il fallait autre chose, à côté et ensemble, pour faire une société lucide.
SZ donnera toujours une valeur très haute au maintien de sa propre liberté intérieure, tant vis à vis des hommes que des idées. Sa relation avec R. Strauss lui donnera bien du souci. Il refusera aussi de s'engager dans le sionisme.
Cette liberté est un ingrédient majeur de sa fonction artistique. Il voyagera plus que bien des contemporains et retirera de ces voyages et des contacts considérables qu'il a avec les hommes importants du monde européen (et peu anglo-saxon) un recul et une lucidité de premier plan. Son contact amical avec Freud, par exemple lui fera comprendre qu'une forme destructrice du mal réside en nous, qu'il n'y a pas de lendemains qui chantent et que la vie est un équilibre sans cesse menacé entre la raison et ces forces obscures qui doivent être canalisées et parfois même mises sous silence. A titre personnel je note au passage que l'explosion de violence, la destruction des corps et le sang que les spectacles actuels nous proposent relèvent de la même inconscience de notre fragilité en sollicitant les mêmes zones sensibles que celles qui ont fait le succès de Hitler. Est-ce une nostalgie, un appel ? On peut le craindre.
Il écrit aussi "Longtemps, cette éducation au provisoire que je me donnais me parut une faute, mais plus tard, ... ce sentiment mystérieux qui m'empêchait de m'attacher m'est devenu un secours." Presque une profession de foi bouddhiste ?
Mot de l'éditeur :
Prix Décembre 2001
Le livre de Chloé Delaume est le récit d'une réminiscence. Il remonte
le temps afin de faire voler en éclats un passé oppressant. Sa
virulence a la puissance du cri. Véritable leitmotiv du roman, la
métaphore du sablier se propage, se ramifie : elle dessine la figure
centrale et traumatisante d'un père " sédimentaire " et d'une " enfant
du limon ".
Ni pathos ni complaisance. Mais la tentative, à l'âge adulte, de
répondre au questionnement d'un enfant, tentative rendue possible par
une certaine douceur de l'ironie.
Tout passe par le prisme d'une langue singulière, débordante
d'inventions. Le style est démesuré, tantôt lapidaire, tantôt abyssal.
Les mots se bousculent, deviennent envahissants, contractant la phrase
jusqu'à donner une impression de fusion. Dans ce chaos où leur nature
et leur fonction se mélangent, s'inversent, ils révèlent comme un
miroir le morcellement de l'identité.
Mot de l'éditeur :
A la suite de cette annonce tragique, le narrateur décide de revenir
dans son pays natal. Il en avait été exilé, comme son père des années
avant lui, par le dictateur du moment. Et le voilà qui revient sur les
traces de son passé, de ses origines, accompagné d’un neveu qui porte
le même nom que lui. Un périple doux et grave, rêveur et plein de
charme, qui lui fera voir la misère, la faim, la violence mais aussi
les artistes, les jeunes filles, l’espoir, peut-être. Le grand roman du
retour d’exil.
Mot de l'éditeur :
« Si j’écris ces notes à la première personne du singulier, je sais qu’elles sont écrites à la première
personne du pluriel. Mon frère. Je ne pourrais pas faire ce film sans lui et il ne pourrait pas faire ce
film sans moi. Ses questions sont les miennes. Souvent ce sont les siennes qui me poussent à
écrire ces notes comme le transcripteur d’une réflexion, d’une pensée partagée. C’est la même
chose pour le scénario. Je tiens la plume, mais elle écrit à deux mains. (…) Que nos images ne
soient pas un destin. Qu’elles arrachent les volets de la chambre mortuaire où nous étouffons.
Qu’elles ne tombent pas dans la caricature qui enferme les personnages. (…) Habiter un petit pays
comme le nôtre. Ne pas fréquenter le milieu du cinéma. L’isolement nécessaire (….) » LD
Luc Dardenne est cinéaste. Il a réalisé avec son frère Jean-Pierre Dardenne, notamment, La
Promesse (1996), Rosetta (Palme d’Or au festival de Cannes, 1999), Le fils (2002).
Mot de l'éditeur :
7 août 1974. Sur une corde tendue entre les Twin Towers s'élance un
funambule. Un événement extraordinaire dans la vie de personnes
ordinaires.
Corrigan, un prêtre irlandais, cherche Dieu au milieu des prostituées,
des vieux, des miséreux du Bronx ; dans un luxueux appartement de Park
Avenue, des mères de soldats disparus au Vietnam se réunissent pour
partager leur douleur et découvrent qu'il y a entre elles des barrières
que la mort même ne peut surmonter ; dans une prison new-yorkaise,
Tillie, une prostituée épuisée, crie son désespoir de n'avoir su
protéger sa fille et ses petits-enfants…
Une ronde de personnages dont les voix s'entremêlent pour restituer
toute l'effervescence d'une époque. Porté par la grâce de l'écriture de
Colum McCann, un roman vibrant, poignant, l'histoire d'un monde qui
n'en finit pas de se relever.
Mot de l'éditeur :
Wolfheim, paisible bourgade aux confins de la Belgique, de l'Allemagne
et des Pays-Bas, est agitée par le retour inattendu du docteur Hoppe,
un enfant du pays parti depuis longtemps. La surprise est d'autant plus
grande que le médecin emménage seul avec ses trois fils, des triplés
qui partagent la même troublante difformité physique. Les rumeurs vont
bon train, mais les compétences du docteur font taire les réticences
des villageois. Pourtant, le mystère autour de sa descendance
s'épaissit.
Jusqu'où peut-on repousser les limites de la vie ? Entre exploit
scientifique et délire métaphysique, Stefan Brijs construit un suspense
haletant et dérangeant, qui explore les dangers d'une science sans
conscience.
Mot de l'éditeur :
Qui est cette jeune femme blottie dans le placard de la chambre
d'Arthur ? L'ancienne occupante de l'appartement qu'il habite
aujourd'hui. Que fait-elle dans ce placard à une heure avancée de la
nuit ? Rien de précis, son esprit a encore du mal à la mener là où elle
le voudrait. Et puis elle est là sans l'être et seul Arthur peut la
voir. Ce qui la ravit, car elle peut enfin parler à quelqu'un. Est-elle
un spectre ?
Non, elle n'est ni un esprit ni un fantôme, et si elle semble réelle,
parle, râle et sourit, son véritable corps est au cinquième étage de
l'hôpital de San Francisco, en état de coma dépassé à la suite d'un
accident de voiture six mois plus tôt. Dure nuit pour Arthur. Et cela
ne fait que commencer puisque, après une visite à l'hôpital sur les
indications de Lauren, son spectre préféré, Arthur va croire à son
histoire.
Très rapidement on commence à le prendre pour un fou : il ouvre
galamment la portière passager de sa voiture... à un être imaginaire,
parle tout seul dans l'ascenseur qui le mène à son bureau, tient des
propos abracadabrants à son meilleur ami et associé, lequel, très
inquiet, lui ordonne de se reposer quelques jours. Ces vacances tombent
bien pour Arthur parce que cette femme, Lauren, l'intéresse vivement.
Depuis qu'elle est dans le coma, elle qui se passionnait pour son
métier d'interne en médecine, elle qui avait voué sa vie aux autres, a
vécu dans une liberté mais aussi une solitude absolues, parlant sans
qu'on l'entende, regardant sans qu'on la voie, touchant sans qu'on la
sente. Jusqu'à sa rencontre avec Arthur qui veut comprendre comment
l'esprit et le corps de Lauren peuvent s'être ainsi séparés. Il réunit
des témoignages, études, recherches disponibles sur le coma dépassé, et
aidé des connaissances médicales de Lauren, tente d'imaginer une issue
à cette situation pour le moins étrange. En vain. Comment
pourraient-ils résoudre un des plus grands mystères de la médecine ?
Mais une amitié se noue, faite de piques Lauren a un humour cinglant -
de fous rires et des récits de leur enfance, l'évocation de la mère
d'Arthur, la merveilleuse Lili, morte d'un cancer quand il avait dix
ans. En trois semaines de ce bonheur paisible, ça y est, ils sont
amoureux.
C'est alors qu'à l'hôpital, les médecins convainquent la mère de Lauren
que celle-ci ne se réveillera jamais, et qu'il vaudrait mieux pour
elles deux pratiquer une euthanasie. Arthur, s'il veut sauver Lauren,
n'a plus beaucoup de temps devant lui...
Mot de l'éditeur :
Ce volume reprend les titres suivants :
Oncle Charles s'est enfermé - La veuve Couderc - Cécile est morte - Les
caves du Majestic - La maison du juge - Le fils Cardinaud - La vérité
sur Bébé Donge - Le Petit Docteur
Mot de l'éditeur :
Confession d’un enfant du siècle, c’est le plus personnel, le plus
intime des livres de Nicolas Rey qui se raconte ici pour la première
fois, avec une sincérité qui émeut, sans aucun fard. On y retrouve les
thèmes qui lui sont chers, l’ambiance de ses romans, la vulnérabilité
et la lâcheté amoureuse, les textos dans la salle de bain, le foot,
Paris, l’amitié fusionnelle…Mais surtout, on y retrouve cette petite
musique, cette grâce concise qui lui est propre, une manière de rendre
universelle une sensation fugace, la vie ordinaire.
Mot de l'éditeur :
Philippe Dutilleul trouve autant de raison d’aimer la Belgique que de
motifs de la détester. Le délitement du pays le désole. Il livre ici un
portrait acide de ce pays où rien ne va tout à fait comme cela devrait,
où l’on s’est habitué à vivre de petits arrangements. Un pays miné non
seulement par les tensions nationales et les querelles communautaires,
mais par un passé chargé d’affairisme, de fraudes, de scandales jamais
vraiment élucidés, comme l’affaire Dutroux ou celle des tueurs du
Brabant-Wallon…
Le réalisateur du tonitruant « Tout ça ne nous rendra pas la Belgique »
stigmatise une opinion publique amorphe, manipulées par les ambitions
politiciennes des uns, assommée par la médiocrité des autres. Il
renvoie dos à dos les autruches wallones et les incendiaires flamands.
Il s’insurge contre un pays qui s’enferme peu à peu dans une logique
d’apartheid. Il peste contre un roi à la petite semaine qui n’a ni la
carrure de son père ni celle d’un Juan Carlos en Espagne.
Pourtant, assure-t-il, le Royaume de Belgique pourrait être formidable.
Le pays de Rubens, Ensor et Magritte, de Brel et d’Hugo Claus, des
frères Dardennes et Jacko van Dormel, de Frankin et Geluck ne manque ni
de talents ni d’humour. La Belgique, écrit Dutilleul, c’est aussi un
art de vivre, une bonhomie, une forme de simplicité, voire un goût du
burlesque qui se moque du complexe de supériorité du voisin français…
L’auteur
Philippe Dutilleul, journaliste à la RTBF, est l’un des réalisateurs du
fameux magazine « Strip Tease » devenu aujourd’hui « Tout ça (ne nous
rendra pas le Congo) ». Il s’inscrit dans une tradition du journalisme
social, insolent, dérangeant. Le 13 décembre 2006, il stupéfiait la
Belgique avec un reportage fiction annonçant la scission du pays.
"Il y avait à l'hôtel quatre-vingt-dix-sept publicistes de New York.
Comme ils monopolisaient les lignes interurbaines, la jeune femme du
507 dut patienter de midi à deux heures et demie pour avoir sa
communication. Elle ne resta pas pour autant à ne rien faire. Elle lut
un article d'une revue féminine de poche intitulée `Le sexe, c'est le
paradis ou l'enfer'. Elle lava son peigne et sa brosse. Elle enleva une
tache sur la jupe de son tailleur beige. Elle déplaça le bouton de sa
blouse de chez Saks. Elle fit disparaître deux poils qui venaient de
repousser sur son grain de beauté. Lorsque enfin le standard l'appela,
elle était assise sur le rebord de la fenêtre et finissait de vernir
les ongles de sa main gauche."
Mot de l'éditeur : Parce qu'il a lu trop de romans de chevalerie, don Quichotte a perdu la raison : il est persuadé que le monde est peuplé de chevaliers errants et d'enchanteurs maléfiques. Comme dans ses livres préférés, il veut rendre la justice et combattre pour l'honneur de sa dame. Accompagné de Sancho Panza, son fidèle écuyer, il part sur les routes d'Espagne. Et voici notre héros qui affronte des moulins à vent, qui prend des auberges pour des châteaux et des paysannes pour de belles princesses ! Avec son roman, Cervantès a réussi à faire d'un vieux fou à l'imagination débordante et de son valet plein de bon sens un couple mythique ; de leurs aventures rocambolesques, il a su tirer une oeuvre d'une prodigieuse modernité, qui continue d'amuser et de ravir le lecteur, quatre siècles après. Ce volume réunit les grands épisodes de Don Quichotte. Le dossier permet d'analyser quelques-unes des représentations picturales du fantasque hidalgo et de son écuyer (Goya, Daumier, Picasso, Dalì), et propose un groupement de textes sur la mise en abyme romanesque (Diderot, Jacques le Fataliste, Flaubert, Madame Bovary, et Giono, Noé).
Mot de l'éditeur : Sans équivalent dans la littérature contemporaine, la Vierge des tueurs est sans doute l'un des romans les plus singuliers publiés ces dernières années. Une œuvre scandaleuse, dévastatrice, qui a consacré son auteur comme le principal représentant d'une nouvelle littérature, aux antipodes du réalisme magique.
L'histoire d'un amour halluciné dans Medellin, la capitale de la haine, qui entraîne le lecteur au fil d'une vertigineuse descente aux enfers, dans la turbulence d'une prose extraordinairement évocatrice, marquée du sceau de l'urgence et de la nécessité.
Mot de l'éditeur : Dimanche 1er octobre. Une journée comme les autres aux Bégonias, maison de retraite de la banlieue parisienne. Il est 9h15. Nini la vieille excentrique attend la visite de sa petite Camille, sous l’œil attendri et bienveillant de Josy, l’auxiliaire de vie cartomancienne. Louise Alma ressasse 92 années de souvenirs. Jocelyne Barbier, la bureautière, et Marthe Buissonette, la femme de pasteur, reprennent leur querelle quotidienne. Robert Lebœuf couvre Thérèse Leduc d’un regard plein d’espoirs. Le capitaine Dreyfus prépare sa grande évasion. Christiane, l’infirmière de jour, tente de se débarrasser d’un amant devenu encombrant. Philippe Drouin, le directeur, philatéliste à ses heures perdues, rêve d’acquérir une pièce unique. Alphonse Destroismaisons, le vieil amoureux, lutte désespérément contre l’Alzheimer de sa femme… Et les familles des résidents accomplissent, bon gré mal gré, leur devoir dominical. La vie s’écoule doucement entre joie et souffrance, amitié et solitude, amour et ennui, maladie et envie. Camille de Peretti propose, avec son acuité habituelle, une immersion insolite et bouleversante dans l’univers singulier des maisons de retraite.
Mot de l'éditeur : Aden lance sa collection de poche littérature en rendant hommage à l'un des plus grands écrivains belges : Hugo Claus. Né le 5 avril 1929 à Bruges, il est mort le 19 mars 2008 à Anvers. Hugo Claus est un écrivain, poète, dramaturge et réalisateur belge, et l'un des plus brillants romanciers contemporains d'expression néerlandaise. Il se définit lui-même comme un « flamingant francophile ». Il est surtout le critique du traditionalisme et du provincialisme de la société flamande. À la fin des années 1960, Claus joue un rôle important dans le mouvement contestataire qui veut réformer la politique sociale et culturelle en Flandre. « Comme n’importe qui, je suis des centaines de gens. Je suis baroque. Baroque, ça veut dire : les volutes, les spirales, les ornements qui dérangent la ligne de base.[…] Dans un livre il doit y avoir des passages obscurs. Un roman n’est pas un café soluble. »
Mot de l'éditeur : Ils ont été appelés en Algérie au moment des «événements», en 1960. Deux ans plus tard, Bernard, Rabut, Février et d'autres sont rentrés en France. Ils se sont tus, ils ont vécu leurs vies. Mais parfois il suffit de presque rien, d"une journée d'anniversaire en hiver, d'un cadeau qui tient dans la poche, pour que, quarante ans après, le passé fasse irruption dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir le nier.
Le mot de l'éditeur : Wassyla Tamzali, féministe algérienne, interpelle les intellectuels occidentaux qui se sont battus pour l'universalité des droits de la personne humaine, et se montrent aujourd'hui incapables de penser cette universalité au-delà de l'Europe. Eux qui ont défendu les principes démocratiques fondamentaux dans leurs pays, eux qui ont milité pour la décolonisation, auraient-ils oublié leurs combats? Ce livre met en lumière le renoncement de la pensée européenne devant la montée en puissance des groupes communautaires. En prenant pour indices la condition des femmes, la liberté de conscience ou la diversité culturelle, l'auteur passe au crible les idées de tolérance, de " laïcité ouverte ", d' "Islam modéré", de " droit à la culture ", et leurs conséquences politiques dans les pays arabes et musulmans.
Mot de l'éditeur :
Avant même l'arrivée d'Homo sapiens sapiens, le chien nous tenait
compagnie. Comment expliquer cette étrange association, cette place
unique occupée par le «meilleur ami» de l'homme, par cet animal qui,
assurément, sait si bien s'y prendre avec nous ? L'étude du chien se
révèle riche d'enseignements, sur lui, bien sûr, mais aussi... sur
nous-mêmes !
Qui est-il ? D'où vient-il ? Comment perçoit-il le monde ? Comment
communique-t-il avec nous ? Comprend-il notre langage ? D'où viennent
ses éventuels accès d'agressivité ? Et nous, d'où vient notre
attachement à lui ? Vient-il compenser nos manques affectifs ? Est-il
normal que nous lui parlions ? Que nous nous sentions compris par lui ?
Au fil de la lecture, se dessine le paysage de la subjectivité canine,
un monde bien différent du nôtre (non, le chien ne parle, ni ne rêve,
ni ne voit comme nous...), mais avec lequel nous entrons facilement en
interaction. Même tissée de malentendus, la communication est réelle,
nous imposant d'abandonner l'idée d'une frontière infranchissable entre
l'homme et l'animal. Il faut se rendre à l'évidence : le chien, avec
qui nous avons construit une véritable société caractérisée par ses
constantes, ses variations culturelles et son histoire, est finalement
plus proche de nous que le chimpanzé.
Sociologue, anthropologue et historien des sciences. Dominique Guillo
est chercheur au CNRS (laboratoire GEMAS). Il travaille dans une
perspective transdisciplinaire sur l'articulation de la biologie et des
sciences sociales. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, qui portent
sur le darwinisme, l'évolution biologique et culturelle et le rapport
homme-animal.
La collection "Mélétè" est dirigée par Jean-Michel Besnier
Mot de l'éditeur :
Pietro Palladini est immobile, Dans l'œil du cyclone. Il ne sort plus
de sa voiture, garée au bas de l'école de sa fille à Milan. Ce
quadragénaire séduisant que la vie avait épargné vient de perdre sa
femme, Lara. Il attend de souffrir, mais ce n'est pas si facile de
ressentir la perte. Les amis et les anonymes viennent lui parler,
l'étreindre, partager ce temps suspendu, ce " chaos calme " où il se
réfugie désormais. Une jolie fille qui promène son chien, les collègues
de travail à la veille d'une fusion financière sans précédent, un frère
fumeur d'opium, une belle-sœur qui se dénude en pleine crise de nerfs,
une milliardaire érotisée, tous perdent à un moment leur calme, leur
dignité, leurs masques. Tous renoncent à la comédie sociale. Sur cette
situation digne d'un Beckett loufoque. Sandre Veronesi construit un
roman polyphonique, livre de la maturité, émouvant, ample,
magistralement tissé : le mélange de l'intime dans ce qu'il a de plus
vibrant et du réel dans ce qu'il a de plus dérangeant.
Mot de l'éditeur :
Prix décembre 2009
L'orage, la nuit, le vent, la pluie, le feu, les éclairs, le sexe et la
mort. Plus tard, en repensant aux heures sombres de cette nuit
caniculaire, je me suis rendu compte que nous avions fait l'amour au
même moment, Marie et moi, mais pas ensemble.
La Vérité sur Marie n’est pas à proprement parler une suite, mais un
prolongement de Faire l’amour (2002) et de Fuir (prix Médicis 2005).
Mot de l'éditeur :
Premier volet d'un diptyque, La Jeune Fille et le nègre est une
histoire d'amour entre Sophie, une jeune belge, étudiante en économie,
et Abou, un demandeur d'asile togolais. Mais, pour une fois, c'est à
travers les yeux d'un père et d'une mère que cet amour-là nous est
conté.
Le sujet sensible des sans-papiers est abordé ici par le biais d'une
chronique familiale. Judith Vanistendael montre comment la méfiance,
voire l'hostilité initiale, s'estompe peu à peu pour faire place à
d'autres sentiments.
La longue marche d'un demandeur d'asile
Sophie, une jeune femme bruxelloise, tombe amoureuse d'Abou, un
demandeur d'asile togolais. Le couple aménage dans la maison des
parents de la demoiselle, qui réagissent à cette idylle avec une
certaine circonspection. Mais quand Abou se trouve menacé d'expulsion,
le mariage apparaît comme l'unique moyen légal qui lui permettra de
rester en Belgique...
Premier volet d'un diptyque, cet album passionnant, largement
autobiographique, relate les événements du point de vue du père de
Sophie, un journaliste spécialisé dans les affaires internationales. Le
deuxième tome, à paraître, reviendra sur les mêmes faits du point de
vue de Sophie elle-même.
Un ouvrage qui traite, avec humour et sans complaisance, du drame des sans-papiers et des réfugiés politiques.
Un talent héréditaire
Judith Vanistendael est la fille du célèbre écrivain, poète, essayiste
bruxellois Geert van Istendael. Née à Louvain, elle a déménagé à
Bruxelles à l'âge de cinq ans.
Après des études à Sint-Lukas dans la classe de Johan De Moor et Nix,
elle a fait un début remarqué dans la bande dessinée avec De maagd en
de neger (titre original de La Jeune fille et le nègre), paru chez Oog
& Blik en 2006. Geert van Istendael s'est, pour sa part, libéré de
ses sentiments à l'égard de cette expérience familiale dans la nouvelle
Bericht uit de burcht.
Mot de l'éditeur :
Cette oeuvre, qui est à la fois roman, histoire, poésie, a été saluée
par la critique française et mondiale comme un événement littéraire. En
imaginant les Mémoires d'un grand empereur romain, l'auteur a voulu
"refaire du dedans ce que les archéologues du XIXe siècle ont fait du
dehors". Jugeant sans complaisance sa vie d'homme et son oeuvre
politique, Hadrien n'ignore pas que Rome, malgré sa grandeur, finira un
jour par périr, mais son réalisme romain et son humanisme hérité des
Grecs lui font sentir l'importance de penser et de servir jusqu'au bout.
"... Je me sentais responsable de la beauté du monde", dit ce héros
dont les problèmes sont ceux de l'homme de tous les temps : les dangers
mortels qui du dedans et du dehors confrontent les civilisations, la
quête d'un accord harmonieux entre le bonheur et la "discipline
auguste", entre l'intelligence et la volonté.
Mot de l'éditeur :
L'Eden Engloutie :
Dans L'Éden englouti, prélude à Rouge décanté, Brouwers se souvient de
tempo dahulu, le paradis perdu des Indes néerlandaises qui dans son
souvenir sont devenues « le pays des rêves ». Il y évoque son enfance
merveilleuse, marquée par la présence de sa mère souveraine et celle de
son formidable grand-père musicien, avant l'invasion japonaise des îles
de la Sonde. Ce « temps de sa somnolence », où il était encore en bas
âge, fut partagé entre l'épanouissement de ses sens devant le spectacle
fascinant de la nature indonésienne et l'apprentissage du langage,
crucial pour cet écrivain-né. Il prit fin brutalement lorsque Jeroen
fut incarcéré au camp de Tjideng avec sa mère, sa grand-mère et ses
sœurs.
Rouge décanté :
Rouge décanté est une évocation incantatoire des deux années de la
Seconde Guerre mondiale que Brouwers a passées au camp de Tjideng, à
Batavia, durant l'occupation japonaise de l'Indonésie néerlandaise,
avec sa mère, sa grand-mère et sa petite sœur. Témoin de scènes
effroyables, Jeroen Brouwers, qui y resta de quatre à six ans, ne
faisait pas alors la part du bien et du mal. Ni le rire ni la
fascination pour les Japonais ne sont absents de ces visions d'enfant.
Le portrait de sa mère est celui d'une femme admirable, quoique jamais
héroïque. Tout le texte est, non seulement un éloge à son courage, à sa
beauté, au sourire dont elle ne se défait jamais, mais aussi, sous
couvert d'impassibilité, un magnifique et douloureux témoignage
d'amour.
Mot de l'éditeur :
Si les islamistes ne représentent qu’une petite minorité des musulmans,
leur stratégie éprouvée consiste pourtant à se proclamer les
porte-parole de cette communauté large et diversifiée. Multipliant les
requêtes au nom de l’islam en invoquant leur droit à la liberté de
religion, récusant toute critique qui leur est adressée comme une
manifestation d’intolérance, ils réussissent ainsi à se faire passer
pour les défenseurs de leur foi et à réduire au silence leurs
coreligionnaires. Ils tirent même parti de la discrimination dont sont
trop souvent victimes les immigrants d’origine musulmane pour favoriser
un repli communautaire qui leur donne encore plus de pouvoir. Cette
stratégie des islamistes, Djemila Benhabib la connaît bien. Elle l’a
vue appliquée en Algérie, en France et au Québec, et elle estime qu’il
est temps que d’autres voix de culture musulmane se fassent entendre.
Elle expose donc haut et fort les manœuvres des islamistes qu’elle
dénonce ici dans un témoignage solidement documenté, auquel elle donne
de touchants accents personnels, parce qu’il remue en elle une histoire
encore douloureuse.
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