Mot de l'éditeur :
Nouvelles traduites de l’italien par Marguerite Pozzoli
Vingt cinq nouvelles qui déclinent les mille visages de la solitude à l’ère du tout-médiatique. Sagesse animale, mystère, fantaisie débridée, profondeur et mélancolie, burlesque et parodie : un Benni moins porté sur la satire politique, mais qui a gagné en profondeur et en universalité.
Des histoires. Des histoires hilarantes, tristes, mélancoliques, longues, courtes, amères, cruelles, qui nous parlent d’humains, d’animaux, de diablotins ou de pauvres diables, de sorcières et de moines muets… Le nouveau livre de Stefano Benni confirme un talent de conteur hors pair, moins porté que d’habitude vers la satire de notre époque – même si elle est présente – et plus attentif à la condition humaine dans ce qu’elle a de tragique. Mais cette profondeur s’accompagne toujours d’une légèreté et d’une diversité d’écriture qui en font un régal.
Il y a donc des animaux, comme le chien Boomerang, fidèle à un maître qui, depuis qu’il est veuf, ne s’occupe plus de lui et tente, par tous les moyens, de s’en débarrasser. Une poule, Carmela, qui accepte héroïquement de passer à la casserole pour sauver une vie humaine. Un ogre contemporain qui essaie de faire jouer une petite fille dans un film sado-maso – mal lui en prend, car l’innocente enfant renversera les rôles. Un chef d’entreprise arrogant, monsieur Milione, qui, par un tour de magie, devient soudain monsieur Zéro et connaît les humiliations qu’il a régulièrement infligées aux autres. Un pauvre type qui achète un téléphone portable afin de ne plus être seul et de ressembler à tout le monde. Un homme et sa femme, dans un restaurant, qui se renvoient leurs infidélités respectives sous les yeux d’un serveur attendri, car il croit assister à une idylle. Un certain Orlando – moderne Roland furieux – qui se déchaîne après avoir été quitté par sa femme et que ses amis tentent de “guérir”…
Déclinaisons, sur tous les tons, de la comédie humaine, vue avec un mélange de distance ironique et de tendresse : ainsi de la nouvelle mettant en scène un moine, le frère Zitto (Silencieux) qui un jour, émerveillé par la lumière bleutée jouant sur les peupliers, décide de se taire pour toujours. Car, dit-il, on ne devrait pas parler de Dieu : “L’Univers se manifeste et disparaît sans un mot, c’est nous qui inventons une voix à son terrible silence.” Mais un jour, une très belle jeune fille, muette, lui rendra la parole…
Le Benni de cette très humaine Grammaire de Dieu n’a pas renoncé à ses thèmes de prédilection, mais ici la variété de sa palette, l’universalité de ses thèmes et la qualité de son écriture le placent dans la lignée de Buzzati et de Calvino.
L’auteur : Passionné de jazz, auteur de chansons, de poèmes, de recueils de nouvelles et de romans, Stefano Benni a ajouté, ces dernières années, une nouvelle corde à son arc en devenant acteur, comme en témoignent ses spectacles autour de Lolita de Nabokov, de Thelonious Monk ou de Moby Dick. Par ailleurs, il collabore régulièrement avec de grands journaux et a écrit plusieurs articles pour Libération.
Huit romans et trois recueils de nouvelles ont paru en français, dont, chez Actes Sud : Le Bar sous la mer (1989, et Babel n° 490), La Dernière larme (1996), Hélianthe (1997), Bar 2000 (1999, et Babel n° 529), Spiriti (2002), Saltatempo (2003, et Babel n° 750), Achille au pied léger (2005 et Babel n° 943 ), La Compagnie des Célestins (2006), qui a inspiré le dessin animé Foot de rue et Margherita Dolcevita (2008).
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