Mot de l'éditeur : "Le sexe pour [Wells] était idéalement une forme de récréation comme le tennis et le badminton, quelque chose que l'on faisait quand on était avec satisfaction venu à bout d'une tâche, pour se défouler et exercer un moment son corps plutôt que son esprit..." Fervent défenseur de l'Amour libre, H.G. Wells a multiplié les aventures et mésaventures sexuelles qui lui ont compliqué sa vie privée et contrarié ses ambitions d'homme politique. Dans sa maison londonienne barricadée pendant le blitz de 1944, malade, il revient sur son existence peuplée d'incidents, de livres et de femmes. De sa plume claire, légère et drôle, David Lodge nous fait découvrir toute une époque, celle de l'expansion du socialisme et des théories féministes mais aussi de la bombe atomique, et nous montre Wells tel qu'il est : l'un des écrivains les plus prophétiques du XXe siècle. "Le meilleur livre de Lodge depuis des années : foisonnant, drôle, touchant. Une parfaite équation entre fiction et érudition." (Mail on Sunday)
Mot de l'éditeur : Londres, 1895. Olive Wellwood, célèbre écrivain, décide de créer un livre unique, relié d'une couleur différente, tout spécialement pour chacun de ses enfants. Dans leur vaste demeure près du marais de Romney, ils évoluent dans un monde de contes de fées. Pourtant chaque famille porte le poids de ses secrets. Tous grandissent dans les étés enchantés de l'époque post-victorienne, mais tandis que les garçons se rebellent contre leurs parents et que les filles rêvent d'indépendance, ils ignorent qu'un avenir sombre les attend. Et que les adultes qui les aiment les trahiront malgré eux. Le Livre des enfants est une oeuvre époustouflante, véritable reconstitution historique qui ressuscite l'époque de la création de Peter Pan. C'est aussi un roman intime et poignant sur les rapports entre parents et enfants, les luttes les plus âpres de cette époque charnière mais aussi les plaisirs les plus intenses que nous offre la vie. Seule A. S. Byatt pouvait en être l'auteur.
Mot de l'éditeur : En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire « oui » : elle veut faire respecter son vœu de s’offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe. Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et son souffle parcourra le monde jusqu'en Terre sainte. Carole Martinez donne ici libre cours à la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience à la fois mystique et charnelle, à la lisière du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, rêveur et cruel, plein d’une sensualité prenante.
Mot de l'éditeur : Honor soigne Milo, un soldat blessé, hanté par la guerre d’Irak. Quand la jeune femme pose les mains sur son dos brisé, des images puissantes, étranges, les envahissent tous les deux, réminiscences d’un passé qui n’est pas le leur. « Puis sa main était remontée jusqu’au cou et elle avait vu d’autres apparitions. Des personnes qui se mouvaient en musique, couples scintillants sur une piste de danse. » Un mariage menacé dans les années 30, une photographe des années 60, une adolescente décidée à garder l’ enfant qu’elle porte, et un amour interdit dans la Turquie du XVIIe siècle, à l’origine d’une musique emblématique de l’Amérique, le swing.
Mot de l'éditeur : Depuis qu’il a débarqué au port d’Harwich en 1937, Jack Rosenblum, un mètre cinquante-cinq de ténacité pure, entend devenir un véritable gentleman britannique. Il ne ménage ni sa peine ni ses efforts, et a rédigé un guide exhaustif des us et coutumes de son pays d’adoption. Il sait que la marmelade s’achète chez Fortnum & Mason ; il connaît par cœur les noms de tous les rois d’Angleterre, considère le bulletin météo de la BBC comme le moment phare de sa journée et ne parle plus allemand, sauf pour proférer des jurons. Mais, malgré toute sa bonne volonté, son désir de se fondre parmi les sujets de sa Royale Majesté se heurte à des obstacles. Notamment à la force d’inertie de son épouse Sadie, qui refuse obstinément de renier leurs origines, de tirer un trait sur leurs traditions, la recette de la Baumtorte, leurs amis d’autrefois, et ce monde juif allemand, anéanti, qui était le leur. Jack reste pourtant persuadé d’avoir trouvé sa patrie. Un seul point de son guide des coutumes britanniques reste encore à remplir pour que se réalise son rêve d’assimilation : on lui interdit de devenir membre d’un club de golf à Londres. Qu’à cela ne tienne, il quitte la capitale pour s’installer à la campagne, entre les cochons et les jacinthes, et entreprend de construire son propre green sur la colline de Bulbarrow…
Mot de l'éditeur : Voici l’histoire d’un homme qui – pour autant qu’on prête foi à son récit – résume à lui seul l’âme et l’histoire de l’Amérique. 1903, Virginie-Occidentale. Early Taggart n'a pas deux mois quand sa mère démente et bigote, croyant avoir enfanté le rejeton du diable, tente de le noyer ; il survit par miracle, mais défiguré. Recueilli par une veuve bouilleuse de cru à la gâchette facile, "Gueule-tranchée" ne sait pas encore qu'il va vivre mille vies. Monstre chéri de ces dames au sein d'une congrégation d'illuminés vénérant le dieu serpent. Héros d'une mutinerie sanglante contre les sociétés d'exploitation minière. Hors-la-loi en exil. Ermite des bois pendant un quart de siècle, ressuscité bluesman de génie puis journaliste à tu et à toi avec un certain JFK, alors en campagne présidentielle fantaisite chez les ploucs. Enfin et peut-être, grand mystificateur devent l'Eternel. Cette Ballade picaresque révèle un formidable conteur et fait entrer au panthéon du folklore américain l'un de ses plus tonitruants personnages.
Mot de l'éditeur : La Langue de ma mère est le premier roman traduit en français de l’écrivain flamand Tom Lanoye, très populaire en Flandre, aux Pays-Bas et en Allemagne, où il est le dramaturge étranger le plus joué.
Frappée par une attaque cérébrale sur ses vieux jours, la mère de l’auteur perd sa langue mais pas la langue en général puisqu’elle s’exprime désormais en un baragouin furieux et inintelligible, qui traduit son désespoir et sa colère d’être incomprise. Durant toute son existence cette commerçante, bouchère à Saint-Nicolas, bourg de la province d’Anvers, a été actrice dans une compagnie d’amateurs. La langue était son instrument. Elle la maniait en virtuose au théâtre comme dans la vie où sa volubilité et son sens de la répartie, alliés à un caractère bien trempé et autoritaire, faisaient d’elle un personnage haut en couleur et parfois redoutable.
Tom Lanoye est un personnage célèbre dans son pays. Depuis vingt ans, il défraie la chronique littéraire de Flandre et des Pays-Bas. Dès ses études à l’Université de Gand, il déclame ses propres textes sur la scène de divers cabarets littéraires. En 1985, il conquiert la notoriété avec Un fils de boucher avec de petites lunettes. Suivent à partir de là nouvelles, romans, essais, recueils de poèmes et pièces de théâtre dont deux, Méphisto for ever et Atropa, la vengeance de la paix furent montées en France et firent sensation en Avignon en 2007 et 2008, avant d’être représentées au Théâtre de la Ville de Paris et de tourner dans tout le pays. Digne successeur de Hugo Claus dans son célèbre Chagrin des Belges, il allie un regard sarcastique sur la société flamande avec une tendresse ironique et lucide.
Mot de l'éditeur : Après Le Destin miraculeux d’Edgar Mint, Brady Udall raconte l’histoire exceptionnelle d’une famille non moins exceptionnelle. À quarante ans, le très mormon Golden Richards, quatre fois marié et père de vingt-huit enfants, est en pleine crise existentielle. Son entreprise de bâtiment bat de l’aile, son foyer est une poudrière minée par les rivalités et les menaces d’insurrection. Rongé par le chagrin depuis la mort de deux de ses enfants, il commence sérieusement à douter de ses qualités de père et de sa capacité à aimer. Golden Richards, tragiquement fidèle à ses idéaux, se sent seul. Mais dans le désert du Nevada, il va découvrir que l’amour est une mine inépuisable. Porté par une verve aussi féroce qu’originale, Le Polygame solitaire nous parle avec humour du désir et de la perte, de la famille et de l’amour. - « Un sérieux candidat au titre de Grand Roman Américain. » Publishers Weekly - « Le portrait ironique et sympathique d’une famille spectaculairement dysfonctionnelle. » The New York Times. Né en 1971 à Saint Johns (Arizona), Brady Udall est l’auteur de deux livres très remarqués : Lâchons les chiens, un recueil de nouvelles (Albin Michel, 1999) et un roman, Le destin miraculeux d’Edgar Mint (Albin Michel, 2001) traduit dans près de vingt langues.
Mot de l'éditeur : Ils sont pathétiques, ils sont incompétents, ils sont harcelés par le destin – bref, ils sont irrésistibles. Ces éternels abonnés à l’infortune ont tous en commun de graviter autour d’un anonyme et farfelu journal international basé à Rome. Sous la houlette du très incapable directeur de la publication Oliver Ott, petit-fils de l’énigmatique fondateur du quotidien, il y a entre autres Lloyd Burko, vieux correspondant à Paris, au bout du rouleau et prêt à tout pour vendre un article ; Arthur Gopal, le préposé aux nécrologies et aux mots croisés, frappé par une tragédie familiale qui va donner un ironique coup d’accélérateur à sa carrière ; Winston Cheung, pigiste débutant au Caire, vampirisé par un reporter sans foi ni loi ; Ruby Zaga, la vieille fille persuadée (à raison) d’être la paria de la rédaction ; ou encore Ornella de Monterrecchi, lectrice un peu trop scrupuleuse à qui sa fidélité exhaustive a coûté vingt ans de retard sur l’actualité… Roman choral magistralement orchestré, Les Imperfectionnistes raconte, en onze histoires croisées, les mésaventures hilarantes de ces « chiens écrasés » de l’existence, dressant au passage, avec une acuité redoutable, la fresque d’un demi-siècle dans les coulisses de l’univers médiatique, de son âge d’or à son crépuscule.
Mot de l'éditeur : - Irène se trouve sur un banc, avec un ami, Vincent qui reçoit sur son portable, près d'elle, la nouvelle de la mort de sa femme, Gabriella. Il regarde les enfants par la fenêtre. Souffre-t-il? Moins qu'Irène sans doute qui était liée à Gabriella par une amitié profonde, incompréhensible, du reste, à ses propres yeux.Flash-back. Irène et Gabriella (qui est animatrice de voyages) se sont rencontrées à Dakar. Elles ont rencontré aussi Vincent, à Dakar. Une amitié immédiat naît entre ces deux femmes très différentes, au moment où Vincent séduit Gabriella qui passe une nuit avec lui. Mais Irène elle aussi est attirée par Vincent. Elle propose à Vincent, qui va venir vivre à Bruxelles, de l'héberger quand il cherchera un logement.Ce qu'il fait, au bout de quelques semaines. Mais, bientôt suivi de Gabriella. Irène se contente donc d'observer ce couple, et en particulier Gabriella, de plus en plus paumée et sûre d'elle en même temps : un mélange attendrissant de légèreté et d'angoisse contenue. Gabriella trompe Vincent, pourtant très amoureux d'elle. Un jour, c'est Vincent qui, éméché, couche avec Irène Irène l'a voulu et le regrette, pétrie de culpabilité. Gabriella et Vincent partent vivre à Bordeaux, loin d'Irène. Et pourtant le lien entre les deux femmes ne se relâche pas. Le temps passe. Gabriella débarque à Bruxelles, seule, pour revoir son amie. Elle a eu un cancer au sein, dont elle minimise l'effet, la gravité.Quelques mois plus tard, Irène répond à un appel de Gabriella, qui s'est séparée de Vincent. La situation s'est considérablement dégradée. Elle a des métastases. Irène revoit Vincent. Tous deux vont accompagner Gabriella, dans cette situation étrange. Irène, toujours attirée par Vincent, recouche avec lui. Cède-t-il au besoin de consolation, à un sentiment de solitude ? Elle, que fait-elle d'autre que se rapprocher de son amie ?
Mot de l'éditeur : "Nous sommes au milieu du XVIIIe siècle, pendant la désastreuse Guerre de sept ans, sous le règne de Louis XV. Deux soeurs, Apolline et Ursule, sont les héroïnes de ce récit. Elles sont nées à Bordeaux, dans un milieu très religieux. Le père, adepte de la Providence, s´adonne avec délice au bonheur de ne rien faire. La mère est en prières. La famille s´enfonce dans la misère. Ce dont Apolline s´aperçoit à peine, tandis que sa soeur aînée, animée par l´ambition et l´esprit de liberté, n´a qu´une envie : s´enfuir. Les soeurs se perdent de vue. Apolline est mise dans un couvent, puis devient préceptrice dans un château. Elle en sort pour retrouver sa soeur mourante, et découvrir, à travers un manuscrit, le récit de ses aventures. Ursule, rebaptisée Olympe, a réussi à se faire emmener à Paris par le duc de Richelieu, le superbe gouverneur d´Aquitaine. Elle rêve de faire carrière au théâtre, mais Richelieu l´offre à Louis XV, qui l´installe à Versailles dans sa petite maison du Parc-aux-Cerfs. Un brillant destin s´ouvre à elle... Comme Les Adieux à la Reine, ce roman est le fruit d´une alchimie entre érudition et fantaisie. On plonge dans une époque, ses couleurs, ses odeurs, ses rites, et dans un monde dominé par l´étrange duo que forment le duc de Richelieu, le plus célèbre libertin de son siècle, et le roi Louis XV, habité par le goût de la mort, le désir des femmes, et le sens du péché."
Mot de l'éditeur : S'emparant d'un fait-divers, un mystère jamais résolu, qui bouleversa l'Amérique - l'assassinat le soir de Noël 1996 de la petite JonBenet Ramsey, six ans et demi, célèbre mini-Miss vedette de concours de beauté -, Joyce Carol Oates reconstruit l'affaire qu'elle n'hésite pas, elle, à dénouer. Une histoire effarante racontée dix ans après par le frère de la victime. La petite fille s'appelle maintenant Bliss, c'est une championne de patinage sur glace, l'enfant adoré de ses parents, la coqueluche d'un pays, la soeur aimée et jalousée par son frère, son aîné de trois ans, Skyler. Skyler qui, depuis le meurtre, a vécu dans un univers de drogues, de psys et d'établissements médicalisés. Agé aujourd'hui de dix-neuf ans, il fait de son récit une sorte de thérapie. Ses souvenirs sont à la fois vivaces et disloqués. Peu à peu émerge le nom du coupable : est-ce le père - homme d'affaires ambitieux, la mère - arriviste forcenée, un étranger cinglé ou bien... le narrateur lui-même ? Tous les ingrédients préférés de Joyce Carol Oates sont là : la vanité féminine, la stupidité masculine, la famille dysfonctionnelle, l'angoisse du parvenu, le christianisme de charlatan, les dérives de la psychanalyse, le vampirisme des médias, l'incompétence de la police. Pour produire en fin de compte un chef-d'oeuvre hallucinant, un dépeçage au scalpel de l'âme humaine et de l'horreur ordinaire...
Mot de l'éditeur : Professeur dans l'école du petit village de Contulmo, au Chili, Jacques vit seul avec sa mère. Intellectuel et féru de littérature française, le jeune homme écrit des poèmes et traduit des textes français, qu'il fait paraître dans le journal local. Il tient cette passion de son père, Pierre, qui, un an plus tôt et du jour au lendemain, est parti retrouver son pays d'origine, la France. Tristes et éteints, Jacques et sa mère s'interrogent sur le départ de Pierre et attendent des nouvelles qui n'arrivent jamais. Même l'attirance que Jacques éprouve pour la soeur d'un de ses élèves ne suffit pas à lui faire oublier son père...
Mot de l'éditeur : Jiselle, trentenaire et toujours célibataire, croit vivre un véritable conte de fées lorsque Mark Dorn, un superbe pilote veuf et père de trois enfants, la demande en mariage. Sa proposition paraît tellement idyllique qu'elle accepte aussitôt, quittant les tracasseries de sa vie d'hôtesse de l'air pour celle, a priori plus apaisante, de femme au foyer. C'est compter sans les absences répétées de Mark, les perpétuelles récriminations des enfants et la mystérieuse épidémie qui frappe les États-Unis, lui donnant des allures de pays en état de guerre. Tandis que les événements s'accélèrent autour d'elle, l'existence de Jiselle prend un tour dramatique, l'obligeant à puiser dans ses ressources pour affronter cette situation inédite... « Ce qui est rare chez Laura Kasischke, c'est ce curieux mélange de maîtrise et d'émotion, d'étrangeté et de simplicité, d'atrocité et de poésie. » (Olivia de Lamberterie, Elle)
Concord, 1861. Tandis que le Nord subit des défaites imprévues, un homme quitte ses quatre filles et sa femme pour soutenir la cause de l'Union. Abolitionniste convaincu, le docteur March se retrouve par hasard dans une plantation où il a déjà sé?journé? et qu'il n'a pas oubliée... Connecticut, vingt ans plus tôt. Jeune colporteur, March est accueilli chez les Clément où il tombe sous le charme d'une des esclaves, Grace. Une attirance tragique qui le laissera hanté par une culpabilité dévorante... A présent père de famille, engagé auprès des no ...
rdistes, le docteur March va voir ses certitudes ébranlées par les atrocités commises dans son propre camp et par ceux qu'il retrouve dans la plantation.
Mot de l'éditeur : Il y a une Île et le Continent. L'une en état de siège, l'autre en plein boom économique. Une guerre qui s'éternise au large dans l'indifférence générale. Les troupiers abandonnés d'une démocratie en partance, laissés seuls face aux partisans convaincus du Rien. Dans les Hautes-Terres évacuées, des villes entières disparaissent sans que l'État central fasse mine de réagir. Mais pourquoi donc personne n'ose-t-il s'aventurer au-delà des forêts du nord ? Comment combattre un ennemi qui demeure insaisissable ? Sur l'avenir de l'Île plane une menace aux accents étrangement prophétiques, et un sentiment de déjà-vu pousse alors l'adjudant Berthier à relire une très ancienne légende nordique, "La Relève de saint Olaf"... Et si tout, déjà, était écrit ? Dans les méandres d'une écriture envoûtante apparaissent peu à peu les reflets ténus d'un grand jeu de miroirs. En les suivant, Berthier et quelques autres ne s'acheminent-ils pas vers leur propre vérité ?
Mot de l'éditeur : Maillard, Bizot, Hardenne : trois soldats chargés de nourrir les troupes. Malheureux rescapés d’une armée en déroute, sur une terre dévastée qui a perdu le goût de vivre, ce trio improbable va éclater en morceaux lorsque Maillard et Bizot seront tués à leur tour. Dominique Hardenne est peut-être le seul survivant du désastre, alors en bon fermier, il veut rentrer chez lui. Mais la guerre est passée ici aussi, et au village il ne trouve que des corps, parfaitement conservés dans leur dernière posture et qui lui en disent beaucoup sur la vie qui s’est écoulée en son absence. Ses parents sont à la messe, comme toujours ; Madame Amédée, l’ancienne bigote, est devenue tenancière d’un bordel ; Nathalie, la belle Nathalie, est là aussi… Dominique Hardenne veut comprendre mais doit lutter contre la folie qui le guette à force de solitude et de doutes. Au milieu des corps figés des habitants du village et des fantômes de Maillard et Bizot, les deux frères d’armes dont il porte les reliques, Dominique Hardenne entre dans une course contre la montre : contre la pourriture des corps, contre la prolifération des insectes, contre la folie distillée par la solitude. Dans son refus de céder la terre aux cloportes, Hardenne ramène l’humanité à ses peurs et ses rêves fondamentaux.
Mot de l'éditeur : En 1838, des personnages venant d’univers aussi variés que celui des esclaves venus des États-Unis, des rajas indiens, des opiomanes chinois et des lascars cosmopolites se retrouvent embarqués à bord de l’Ibis, une goélette en route pour l’île Maurice. « Impossible d'imaginer un auteur contemporain avec lequel il est aussi palpitant d'aller aussi loin, aussi vite. » The Times
L'Ibis, ancien transporteur d'esclaves reconverti en navire marchand, est au cœur de cette extraordinaire saga indienne. Parti de Baltimore, aux États-Unis, il rejoint Calcutta pour embarquer une cargaison de coolies attendue à l'île Maurice. Parmi eux Deeti, une paysanne ruinée par le commerce de l'opium tenu par les Anglais et qui accule les paysans indiens à la misère ; Kuala, son amoureux, qui l'a sauvée du bûcher funéraire sur lequel elle avait décidé de mourir ; Paulette Lambert, une jeune Française qui se fait passer pour indienne afin d'échapper au mariage sordide auquel l'a condamnée son tuteur ; enfin Jodu, son frère de lait, un jeune Indien, qui s'est engagé comme mousse sur l'Ibis, mais ignore la présence de Paulette parmi les coolies, à l'instar de Zachary Reid, le commandant en second, un Noir qui a tout l'air d'un Blanc et qui risquerait sa carrière si cela venait à se savoir. Dans les flancs de l'Ibis sont également enfermés deux prisonniers condamnés à l'exil : Neel Rattan, un raja trahi par son créditeur anglais, et Ah Fatt, un métis de Chinois et d'Indien, opiomane. Sur le pont, Baboo Nob Kissin est chargé de la surveillance générale. Convaincu que sa sainte tante, qu'il a aimée par-dessus tout, va se réincarner en lui, il se laisse envahir par la pitié et vient en aide aux prisonniers. Tous ces individus aux parcours et aux caractères si dissemblables, seront unis par le périple, un voyage au cours duquel chacun tentera de faire basculer son destin. Il leur faudra pour cela survivre à la rage de l'océan Indien, aux privations, aux maladies, aux révoltes et affronter la cruauté extrême du commandant en second et de son âme damnée.
Biographie Né en 1956 à Calcutta, Amitav Ghosh est l'un des plus célèbres auteurs indiens contemporains. Il a passé son enfance au Bangladesh, en Iran, en Inde et au Sri Lanka. Après avoir enseigné à l'université de Delhi et aux États-Unis, il partage sa vie entre Calcutta, Goa et Brooklyn. Il est l'auteur de nombreux romans, couronnés de prestigieux prix littéraires : Les Feux du Bengale (Le Seuil, 1990) a reçu le prix Médicis étranger. Aux Éditions Robert Laffont, il a publié en 2006 Le Pays des marées.
Mot de l'éditeur : "Il y a, en chacun de nous, un autre monde. La chose la plus importante est toujours celle que l'on ne connaît pas."
Un autre monde raconte l'histoire de Harrison William Shepherd, un personnage inoubliable, dont la recherche d'identité plonge le lecteur au coeur des événements les plus tumultueux du XXe siècle.
Barbara Kingsolver nous entraîne dans un voyage épique, de la ville de Mexico des années 30 - où le lecteur rencontre Frida Kahlo, Diego Rivera et Trotsky, leader politique en exil - à l'Amérique de Roosevelt et J. Edgar Hoover, en plein maccarthysme.
Avec des personnages profondément attachants, souvent émouvants, un vrai sens de la description des lieux et une analyse juste et intelligente de la façon dont les événements historisques et l'opinion publique peuvent façonner une vie, l'auteur a créé un bouleversant portrait d'artiste et s'interroge sur l'essence même de l'art.
Mot de l'éditeur : La ballade de Lila K, c’est d’abord une voix : celle d’une jeune femme sensible et caustique, fragile et volontaire, qui raconte son histoire depuis le jour où des hommes en noir l’ont brutalement arrachée à sa mère, et conduite dans un Centre, mi-pensionnat mi-prison, où on l’a prise en charge. Surdouée, asociale, polytraumatisée, Lila a tout oublié de sa vie antérieure. Elle n’a qu’une obsession : retrouver sa mère, et sa mémoire perdue. Commence alors pour elle un chaotique apprentissage, au sein d’un univers étrangement décalé, où la sécurité semble désormais totalement assurée, mais où les livres n’ont plus droit de cité. Au cours d’une enquête qui la mènera en marge de la légalité, Lila découvrira peu à peu son passé, et apprendra enfin ce qu’est devenue sa mère. Sa trajectoire croisera celle de nombreux personnages, parmi lesquels un maître érudit et provocateur, un éducateur aussi conventionnel que dévoué, une violoncelliste neurasthénique en mal d’enfant, une concierge vipérine, un jeune homme défiguré, un mystérieux bibliophile, un chat multicolore... Roman d’initiation où le suspense se mêle à une troublante histoire d’amour, La ballade de Lila K est aussi un livre qui s’interroge sur les évolutions et possibles dérives de notre société.
Mot de l'éditeur : Alors que le Festival d'Avignon 2003 s'enlise dans la grève des intermittents, une actrice célèbre retrouve sa ville natale, après dix ans d'absence. Elle y a vécu un amour passionnel avec le directeur d'un théâtre du festival off, qu'elle a quitté pour faire carrière. Ce dernier met en scène une pièce d'un auteur inconnu, sorte de poète maudit décédé dans des circonstances obscures... Après "Les Déferlantes", qui lui a amené la consécration (Prix des lectrices de Elle 2009), Claudie Gallay explore avec toujours autant de singularité les mystères enfouis au creux de chaque vie.
Mot de l'éditeur : Cherchant la paix après un douloureux chagrin d'amour, un étranger s'installe dans un village perdu de la campagne française, où le temps semble être suspendu. Mais la tranquillité et le charme de Courtillon s'avèrent vite trompeurs. Tout part d'un projet d'aménagement qui divise le conseil municipal et tourne à la querelle de village. Soudain, la marche du temps s'affole et le passé ressurgit : tentatives de corruption, adultère, suicide, meurtre. Les villageois taiseux en savent plus long que ce qu'ils veulent bien dire... " C'est toute l'histoire du village que l'on voit Imperceptiblement prendre forme, une histoire de fautes, de déviances et de crimes : lorsque Charles Lewinsky, dans cette prose riche et limpide qui est la sienne, se fait conteur, il est difficile de reposer le livre avant la fin. " Stuttgarter Nachrichten.
Mot de l'éditeur : Martin Suter est né à Zurich en 1948. Publicitaire, reporter, scénariste pour le cinéaste Daniel Schmidt, auteur de comédies pour la télévision, il se consacre à l’écriture de romans – tous sont devenus de véritables best-sellers – depuis 1991. Il vit entre la Suisse, l’Espagne et le Guatemala.
« Dans sa chambre à coucher s’alignaient des pots avec de petits plants de caloupilé ; chacun de ces petits arbres disposait de son tuteur de bambou, et tous avaient un âge différent. Le plus grand lui arrivait à peu près sous l’aisselle. […] Il coupa deux des petites branches à neuf feuilles, passa à la cuisine, les jeta dans l’huile bouillante et y ajouta un bâton de cannelle d’une dizaine de centimètres de long. L’odeur de son enfance commença lentement à se répandre. » Cuisiner n’est pas seulement la profession de Maravan : c’est sa grande passion. Ayant grandi entre les poêles et les casseroles, les épices et les fines herbes, les légumes et les fruits, il a été fasciné de bonne heure par ces gestes qui transformaient quelques produits bruts et crus en toute autre chose. Au Sri Lanka, il était un chef prometteur. En Suisse, il est devenu un fin connaisseur de la cuisine moléculaire, travaillant ses propres expériences la nuit, dans son petit appartement. Un jour, il accepte d’abandonner son poste d’aide dans un restaurant « nouvelle cuisine » pour s’associer à l’une de ses collègues, avec qui il réalise des dîners aphrodisiaques à domicile. Mais la vie est songe et mensonge. Un jour, il lui faudra sans doute cesser de rêver. Pour Maravan, ce jour fatidique arrive quand il se retrouve mêlé à de sombres tractations avec les Tigres tamouls. Par petites touches, entre humour et inquiétude, Martin Suter rend hommage à ceux qui, dans l’adversité, trouvent la force de se révolter. On ressort de ce roman avec la pugnacité qu’il y a mise contre la violence et l’injustice.
Mot de l'éditeur : Un coup de fil passé d'une cabine téléphonique sur le bord d'une route désertique de l'Ouest américain : comme chaque année depuis douze ans, Lester appelle la mère de Cate pour lui dire qu'elle est vivante, qu'elle va bien, qu'elle est toujours avec lui. Douze ans - toute une vie pour Cate, quinze ans - en marge de la société, de maisons abandonnées en chaussées glissantes, à former ce couple père-fille bricolé, à grandir en dehors de tout ce qui fait la vie normale d'une adolescente. Cate, que Lester a enlevée dans un camping, un petit matin d'été, alors que ses parents donnaient à poings fermés. Une impulsion, un coup de folie qui a fait éclater une poignée de destins. Mais aujourd'hui les choses sont allées trop loin, Cate a fait une grosse bêtise, et Lester, vagabond taiseux débordé par les dérapages de la jeune fille, veut la "rendre" à sa mère. Sauf que cette dernière, en deuil de son enfant depuis douze ans, n'est pas prête à croire si facilement au miracle. Des hautes plaines du Nouveau-Mexique aux forêts profondes de Virginie, Ton sang ne saurait mentir raconte, par la voix inoubliable de Cate, l'orchestration maladroite de ces retrouvailles récalcitrantes. Car comment se reconnaître quand il aura fallu des preuves ? Comment s'accepter au-delà des instincts morts ? Comment se (faire) pardonner les doutes mutuels qui régissent les rapports entre ces deux étrangères liées par le sang et l'absence ? Entre road movie et huis-clos, Ton sang ne saurait mentir est la mise à nu d'un bouleversant noeud de relations à réinventer, un roman haletant qui met les sentiments à l'épreuve et transforme l'apprentissage de l'amour en véritable suspense psychologique.
Mot de l'éditeur : “Rena Greenblatt, mon héroïne s'appelle. Montréalaise expatriée à Paris, âgée de quarante-cinq ans, c'est une photographe spécialisée dans l'infrarouge, les photos de nuit, les corps et leurs étreintes. Au cours de ce récit elle effectuera en même temps deux voyages : l'un bien physique, semé d'embuches et de ratages désopilants, en Toscane, avec son vieux père et sa belle-mère ; l'autre mental, dans l'avalanche de ses souvenirs - les rêves, ressentiments et réjouissances de son passé proche et lointain, les quatre maris, les deux fils, les mille amants, les beautés et horreurs des pays traversés, l'enfance émerveillée et endolorie, l'adolescence saccagée. Ainsi Infrarouge nous plonge-t-il dans le tourbillon des pensées d'une femme exceptionnellement forte mais peut-être aussi un peu folle. On le serait à moins…” Nancy Huston
Artiste et reporter-photographe pour le journal français De la marge, Rena Greenblatt a offert une semaine de vacances en Toscane à son père Simon - pour ses soixante-dix ans - accompagné de sa deuxième femme, Ingrid. Mais dès le matin de leurs retrouvailles à Florence, le séjour prend l'allure d'une corvée. Jadis brillant intellectuel, esprit libre, passionné de neuropsychologie et adepte de Timothy Leary, Simon n'est plus qu'un homme fatigué au verbe hésitant et sa femme semble peu réceptive aux splendeurs florentines. Le couple parental traîne la patte, déjà Rena se demande ce qu'elle fait là, toute au regret de Paris et du beau corps de son amant Aziz : voilà le genre de chose qu'elle ne peut confier qu'à son "amie spéciale", Subra, confidente qu'elle s'est inventée il y a bien longtemps en contemplant une photo prise par Diane Arbus, son idole. Arbus/Subra : l'une a influencé sa vocation, l'autre partage ses pensées secrètes, a vécu ses trois mariages, encouragé ses amours, sait tout d'elle - même les petits mensonges que parfois Rena se fait à elle-même. A menus pas touristiques, agrémentés par de nombreuses pauses alimentaires ou "hygiéniques", s'engage cette semaine idéalement dédiée aux merveilles répertoriées par les guides. Mi-irritable mi-conciliante, entre remémoration et application à jouer le jeu du tourisme, Rena est ici et ailleurs, dans le présent et dans le passé, elle "prend sur elle" et tente de s'accorder à l'inévitable célébration de la Renaissance - feignant d'ignorer qu'en elle (et entre elle et son père) le terrain est copieusement miné.
Paris est à distance, mais Paris s'agite : nous sommes en octobre 2005. Et Rena, pendant ce temps, fait du tourisme ? Son journal la réclame, on a besoin d'elle, des "shoot " de son Canon, de ses photos âpres, vraies, nocturnes, tellement vivantes - sans compter qu'elle est une spécialiste des prises de vue en infrarouge. Rena pourrait se saisir de ce prétexte pour rentrer mais … hors de question. On ne lui dicte pas sa conduite ; quarante-cinq ans, mère de deux grands gaillards, belle, libre, xénophile, connaissant les hommes et aimant les toucher, les caresser, les prendre, leur ouvrir son corps et son coeur, les photographier dans l'abandon de la jouissance, elle n'est pas du genre à céder mais à donner. Ce devrait être, ce pourrait encore être une semaine réussie, insouciante, filiale, paisible, il n'est pas trop tard pour sauver ce voyage. Mais désormais l'insurrection est en elle. Ardente, entière, courageuse, provocante, révoltée, exaltée et (à en croire Subra) un peu mythomane, Rena est bien du genre à jouer sa vie à qui perd gagne.
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