Mot de l'éditeur :
A l'occasion du bicentenaire du rétablissement du barreau de Bruxelles, les Ordres français et néerlandais ont voulu symboliquement poser un baiser sur leur Palais de justice.
Ils ont commandé une installation spectaculaire et poétique à l'artiste Charles Kaisin. Cette oeuvre d'art a été suspendue dans la salle des pas perdus du Palais de justice de Bruxelles. Cette salle, qui est la plus grande du monde, occupe 22.000 m2.
Abordant différents thèmes tels que la recherche de la vérité judiciaire, la justice, la Région de Bruxelles, le recyclage, la répétition, l'Ordre, cette installation représente un champ de fleurs suspendu dans l'air. Afin de donner une échelle plus humaine dans cet immense espace et d'insister sur les nombreux niveaux de son architecture, une trame de fils rouges divise la hauteur du lieu en deux, au niveau de la galerie. A chaque intersection de ce réseau de corde est accroché un fil rouge de taille variable auquel est suspendue une fleur pliée en papier, appelée, de par son origine japonaise : origami. La toile tendue ressemble à une dentelle de Bruxelles, à une toile d'araignée ou à la toile du net.
Un total de 10.000 origamis, pliés par les soins des détenus de la prison de Saint-Gilles à Bruxelles, forme une vague occupant l'espace central.
Le papier utilisé pour la réalisation de ces fleurs provient d'anciens codes civil et pénal. Ce souci du recyclage s'inscrit dans le travail de Charles Kaisin comme point de départ pour de nombreux projets, s'efforçant ainsi de donner une seconde vie aux objets du quotidien.
Le choix de la forme de l'origami a été guidé par le symbole de la Région de Bruxelles-Capitale : la fleur de l'iris.
Cette oeuvre de l'éphémère, placée à l'été 2011 au coeur du Palais de justice de Bruxelles, manifestait la volonté du barreau d'attirer l'attention du public et des autorités sur ce haut lieu d'architecture justice et d'en assurer la conservation et la préservation.